Est-ce que ce Monde est sérieux ?

(Tribune libre avec possibilité d'inter-agir)

Donc le Vendée-Globe aura bien eu lieu avec ses machines de course de plusieurs millions d’euros/pièce !
Donc le Dakar et toute sa caravane pétaradante aura bien sillonné les dunes d’Arabie-Saoudite côtoyant le luxe absolu et la grande misère…
Comme si de rien n’était !

Avec la fureur des journalistes pour nous faire vivre ces évènements comme de grandes fêtes populaires, comme les vitrines rayonnantes d’un monde libre et épanoui…
Comme si de rien n’était !
Les footballeurs professionnels jouent leurs maigres salaires à huit-clos mais les championnats, quoi qu’il en coûte à la planète, doivent pouvoir être retransmis sur nos écrans…
Les "open" d’Australie et d’ailleurs feront encore vibrer les foules ; on promet que les prochains Jeux Olympiques de cet été auront bien lieu, etc…
Evidemment que le sport et les sportifs eux-mêmes ne sont pas en cause dans mon propos mais plutôt le gigantisme et l’exploitation commerciale qui en est faite !
Vraiment le grand show de notre monde moderne doit-il, peut-il continuer, comme si de rien n’était ?
Il est à parier que les paquebots de luxe retraverserons bientôt les océans, ne serait-ce que pour venir, au mieux, constater, au pire, admirer la fonte des glaciers… A parier aussi que les flottes aériennes, à moyen terme, fleurteront de nouveau avec la stratosphère… Pour n’évoquer que cela !

Comme si, en mars dernier, l’air grave et sérieux, une grande partie de nos élites influenceuses n’avait pas été prise d’une crise d’humilité et de sagesse en promettant que le monde d’après ne pourrait plus ressembler au monde d’avant !
Et bien si ! Nous en prenons déjà le chemin !
Le constat est pourtant évident à la majorité des gens de sciences : nos modes de vie basés sur la consommation à outrance au détriment de tous nos équilibres biologiques constituent l’origine de nos malheurs ; nous sommes arrivés au bout, au bord du précipice, voilà les premiers coups de semonce .

On le sait, les pandémies vont se répéter chez les humains comme se répètent déjà les grippes aviaires chez les animaux.
Et bien si !
A la faveur d’une grande vague vaccinale mondiale, nous allons sortir de notre cauchemar qui nous aura fait bien peur, nous allons retrouver confiance et le grand business pourra reprendre et s’amplifier, si possible.
Sauf à une large prise de conscience dans nos foyers que le bonheur n’est pas que matériel et que l’avenir de nos enfants réside plus dans notre sobriété plutôt que dans la puissance de leurs smartphones !


Alors nous, à notre place, nous à France Voile Loisirs ?
Allons-nous toujours vous proposer de traverser les océans au prix de longues heures d’avion pour trouver, sur d’autres rives lointaines, le loisir d’une plage de sable corallien ?
Ne pourrions-nous pas, à notre petite échelle, tel le colibri, apporter notre petite contribution ?
Réduire nos prétentions, faire le petit effort qui, multiplié par tout-un-chacun, pourrait contribuer à réduire la consommation des ressources planétaires que nous consumons au-delà des capacités de renouvellement ?
Allons-nous vraiment être considérés comme des "Amish" si nous nous contentons de vous faire naviguer en Bretagne ou sur nos côtes sud méditerranéennes ? Les plages de Corse, de Sicile ou de Grèce ne suffiraient-elles pas à notre évasion ? Avons-nous épuisé la découverte du patrimoine historique et culturel de notre vieille Europe au point qu’il nous faille absolument effectuer nombre d’heures d’avion (plus correspondances) pour aller chercher l’impression de passer de merveilleuses vacances ?
Soyons sérieux !
Les enjeux sont tellement plus énormes ! Nous ne pouvons faire l’économie d’y réfléchir…


                                                                                                               Denis Brière.

Les premières réactions...

Hadi Benzouag : Effectivement sur la forme je serais d’accord avec toi mais sur le fond, peut-être faire un compromis entre certaines destinations qui sont vraiment les plus lointaines... Mais en tant que marin, l’hiver j’ai du mal à naviguer en France métropolitaine alors oui, se restreindre, mais au moins garder l’arc Antillais...

Jean-Luc Bourret : Personnellement, j'ai été ravi comme des dizaines de milliers de personnes, voir plus, de pouvoir suivre au jour le jour les exploits des skippers du Vendée Globe et leurs arrivées triomphales, autant pour le premier que pour les suivants. C'est de l'évasion pure pour les esprits qui sont sensibles à cela et nous en avons bien besoin en ces temps de confinement ou de couvre-feu. Oui, ces bateaux et le fonctionnement des équipes qui les font vivre coûtent des fortunes. Cela ne me choque pas à outrance, les sponsors sont libres de s'engager ou de ne pas le faire. Sur des épreuves pareilles, les millions ne font pas tout et cela fait partie du Vendée Globe. Évidemment, on pourrait revenir à l'ancienne formule : les bateaux partent et on n'a pas de nouvelles pendant 3 mois jusqu'à leur retour. Pas très folichon pour le public tout cela !
Je comprends bien les préoccupations de protection de l'environnement qui sont d'actualité et qui sont légitimes mais je pense que ce n'est pas en privant les gens d'événements médiatiques que l'on gagnera cette bataille. Après, je ne sais pas quel est le fondement scientifique indiquant irréfutablement que les pandémies vont se multiplier. Bien sûr qu'il pourra encore y avoir d'autres infections virales inconnues à ce jour. Les mutations génétiques et la sélection naturelles sont à la base de la biodiversité depuis des millions d'années. Il n'y a pas de raison que cela s'arrête et l'Homme est bien présomptueux (comme toujours) de croire que son action pourrait augmenter le taux des mutations génétiques chez les virus pouvant lui être néfastes. Les pandémies ne datent pas de ces dernières années durant lesquelles l'homme à contribué au réchauffement climatique. Que faisons-nous des épidémies de peste, de tiphoïde, de tuberculose, de lèpre, de grippe, de choléra, etc, qui ont décimé les populations humaines au cours des siècles passés.
Quant au discours des politiques comme quoi le monde d'après la pandémie ne sera plus le même que celui d'avant, mais où vont-ils chercher cela sinon dans le fondement de discours démagogiques et électoralistes ?


Et nous, France Voile Loisirs, que pouvons-nous faire ?
Il est certain que l'Europe offre a elle seule un bassin de navigation fabuleux et diversifié. Alors pourquoi pas y concentrer nos activités en effet ? Mais n'est-ce pas ce que nous faisons déjà ? Après, si quelques uns de nos adhérents (en nombre naturellement très limité vus les coûts que cela entraîne) veulent aller naviguer en dehors, nous aurions je pense mauvaise grâce à refuser de les y accompagner. Si cela concerne 20 ou 30 personnes par an, c'est le bout du monde. Cela changera-t-il la face du monde et la vitesse du réchauffement climatique lié aux activités humaines dans des proportions inacceptables ? Personnellement j'en doute !

Dominique Merlino : Moi, avec France Voile loisirs, c'est bel et bien avec mes amis (ou amish si vous préférez !) que je souhaite naviguer. Et notre merveilleux littoral me suffit largement.
D'ailleurs il reste deux places à prendre sur le Pogo 850 pour la semaine 18 au 24 septembre 2021 au départ de Lorient. Amicalement !

Je réponds à Denis    

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